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SATURNE 2022

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14 février 2022

Valérie Pécresse "fend l'armure"

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Chaque jour, les médias répètent à l'envie

Des phrases ressassées en chœur jusqu'à l'usure

Ainsi, de Valérie Pécresse, il sera dit

Qu'il est temps désormais qu'elle "fende l'armure"

 

Car enfin, selon eux, tous les grands présidents

Avec dextérité savaient baisser les armes

Et ce faisant, Chirac, Sarkozy, Mitterrand

Plus souvent qu'à leur tour nous ont tiré des larmes

 

Valérie, décidée, a pris la scie sauteuse

Pour pratiquer un trou dans ses plaques d'acier

Puis, fendue comme il faut, la mine courageuse

Elle s'est présentée devant ses conseillers

 

Le premier, tapotant doucement la ferraille

A dit d'un air dubitatif : "Ça sonne creux"

L'autre, risquant un œil au travers de la maille

A dit "je ne vois rien, tout est vide, morbleu"

 

Sous le fer, Valérie n'avait aucun viscère

Ni viande, ni cerveau n'étaient à l'intérieur

La fente en vérité cachait un grand mystère

Objets inanimés, avez-vous donc un cœur ?

 

Polo, 14 02 2022

 

 

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31 janvier 2022

Merveilleux Bruno Lemaire



La France d'aujourd'hui vit à dix-sept degré

Elle porte un manteau le soir dans la cuisine

Elle peine à payer son électricité

Frôlant à chaque instant la fluxion de poitrine


La France tousse au fond d'un blanc mouchoir Lotus

Les enfants sont testés, l'école a triste mine

Voici bientôt trois ans que règne le virus

Et les écouvillons au fond de leurs narines


Le passe vaccinal semble avoir effacé

La devise aux frontons de nos mairies candides

Les "pour" et les 'anti" sont à couteaux tirés

Coupés entre deux camps d'un débat fratricide


Dehors sous le ciel gris, du fond des entrepots

Les colis sont livrés par de nouveaux esclaves

Traversant en camion les déserts médicaux

Et l'on compte ses sous comme des rats de cave


La France est dévastée par les augmentations

De l'essence, du bois, du gaz, et le plastique

Flotte dans l'océan comme un immense étron

En attendant la catastrophe climatique... 


Mais pour Bruno Lemaire, il n'en va pas ainsi

Ce matin, sur Inter, d'une voix guillerette

Ses chiffres à la main, il chante et se réjouit

D'un bilan qui jamais n'a été aussi chouette


Milliers d'emploi créés, commerces florissants

Pourcentage au delà de toutes espérances

Reprise fulgurante, avenir réjouissant

Dans un pays béni des Dieux de la finance


Plus tard, sur son vélo, en fin d'après-midi

Il sourira, confiant, satisfait de lui-même

C'est à se demander dans quel pays il vit

C'est à se demander si l'on vit dans le même...


Polo, 30 01 2022



18 janvier 2022

L'interview de Yannick Jadot

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Saturne 2022 :

Bonjour monsieur Jadot. La situation
Semble préoccupante en fait de pollution.
Le rapport de l'IDEC aujourd'hui nous inquiète.
Que nous proposez-vous pour sauver la planête ?

Yannick Jadot :

C'est vrai qu'il y a urgence, et qu'il faut pour cela
Remettre de l'humain au centre du débat
Réinventer l'envers de nos endroits moroses
Créer des avenirs pour le futur des choses

Saturne 2022 :

Bien... Et que pensez vous de la brusque inflation
Du prix de l'énergie ? Y a t'il des solutions ?

Yannick Jadot :

Je dis qu'à force de tirer sur la ficelle
Nous arriverons vite au bout de la chandelle
La source est asséchée, et le consommateur
Se doit dès aujourd'hui d'être un "consomacteur"
J'étais hier avec le maire de Grenoble
Qui vient de promulguer des décrets assez nobles
Supprimer, â Noël, les illuminations
Les sapins lumineux et les décorations
Seront, pour commencer, une action exemplaire

Saturne 2022 :

Mais qui, auprès des gens, vous rend impopulaires
Et ne pensez-vous pas que cette initiative
Ne soit perçue comme écologie punitive ?

Yannick Jadot :

Peut-être, mais pour faire une vélorution
Nous devons en passer par de telles actions
Et le père Noël au gigantesque empire
Occupe tout entier notre ligne de mire
Ne vous fiez pas au rouge de son habit
Qu'on doit imaginer plutôt en vert de gris
Ce vieux blanc dominant qui se fait nommer « père »
C’est le patriarcat dont il faut nous défaire !


Saturne 2022
 :


Sur un autre sujet, pouvez-vous dire un mot
De la disparition de certains animaux ?
De la préservation des frelons, des bécasses
Comment légiférer pour préserver ces races ?


Yanick Jadot :

Hélas, la maison brûle ! Je dirai en premier
Qu'on doit réinventer la solidarité
Et regarder la vie par une autre lunette
Justement, l'autre jour, à Saint-Foin sur Yvette
Je discutais avec un petit producteur
Et lisait dans ses yeux l'espoir des jours meilleurs
Allez ! L'écologie se doit d'être la fête
Des éco-citoyens sur toute la planête !

Saturne 2022 :

Avez-vous convaincu ce bon agriculteur ?

Yannick Jadot :

Non, nous fûmes interrompus par des chasseurs
Tous revêtus de tenues paramilitaires
Qui empestaient matin le sandwiche au gruyère
Et lorsque m'avançant vers eux, d'un air gentil
J'ai vu d'un peu trop près les bouts de leurs fusils
J'ai du fort malheureusement prendre la fuite
Car le village entier se rangeait à leur suite
Jamais un candidat ne fut plus conspué
Que par ces braves gens qu’il nous FAUT écouter
Entendons leur colère et sachons la transcrire
Nous serons le relai de ce qu'ils ont à dire !

Saturne 2022 :

Et donc que disaient-ils ?

Yannick Jadot :

Hé bien, j'ai entendu
Que tous ils m'informaient (en des termes assez crus
Mais qui dans leur patois ne manquait pas de charme)
Qu'ils n'hésiteraient pas à en venir aux armes
Si je ne quittais pas la place sur le champ

J’ai entendu les mots de tous ces braves gens
Lorsqu’ils me conseillaient (de façon peu amène)
D'emporter avec moi mes semences anciennes
Mes loups croqueurs de poule et mes moulins à vent
Ma voiture électrique et mes communicants
Ils disaient " tu n'es bon qu'à supprimer les crèches
Et à imaginer des châteaux en Ardèche
Retourne à ton QG chanter Bella Ciao
Va te reformater chez Sandrine Rousseau"…
Sous une pluie de choux lourds comme des enclumes
J'échappais de justesse au goudron et aux plumes
Mais en bon candidat, je dois leur savoir gré
De la leçon de vie qu'ils ont su me donner 

Car enfin, accéder à la fonction suprême

Cela vaut bien, ma foi, une tarte à la crème... 

 

Propos recueillis par Saturne 2022

Polo, 18-01-2022

 

1 janvier 2022

2022 LE GRAND CIRQUE !!!

 

Cirque

 

Mesdames et messieurs, attention s'il vous plait
Sous le grand chapiteau, le spectacle est fin prêt
Vous allez assister à l'entrée des artistes
Avant leurs numéros, ils font un tour de piste

Ouvrant le défilé sur un air de flonflons
Voici la compagnie des nains et des bouffons
Lassalle, Asselineau, Roussel qui caracolent
Devant Dupont-Aignan qui fait des cabrioles


Mais voici Montebourg, le grand hypnotiseur
Qui endort son public de ses yeux enjoleurs
Précédant Hidalgo, et ses puces dressées
Qui sautent à travers des grilles enflammées

Ha ! Les clowns ! Regardez l'Auguste Mélenchon
Qui gambade en jouant du cornet à piston
Et Jadot, le clown blanc, le roi du mélodrame
Qui toujours en jouant nous arrache des larmes

De son regard perçant, sous ses turbans dorés
Elle lit l'avenir, dans le marc de café
Et guérit les paralysés avec son fluide :
Madame Taubira, voyante extra lucide !

Puis vous applaudirez le célèbre duo
Du mystérieux Zemmour, le lanceur de couteaux
Toujours à ses côtés trotte sa partenaire
La blonde Marina qui charme les vipères

Avez vous déjà vu une femme robot
Aux circuits imprimés affleurant sous la peau ?
C'est la poupée Pécresse et son cerveau portable
Qui peut concurrencer n'importe quel comptable

Enfin, sous les bravos et les cris des enfants
Voici le grand patron dans son costume blanc
Macron, le roi des airs, prince des acrobates
Qui toujours du grand saut retombe sur ses pattes

La parade est finie, la troupe est au complet
Mesdames et messieurs, veuillez vous installer
Sur les glorieux gradins du grand cirque de France
Et ouvrez grand les yeux : le spectacle commence !

 

Polo, 01-01-2022 

5 septembre 2021

Marine en plein marasme

 

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Marine a beau tirer sur sa pipe électrique

Des bouffées qu'elle avale avec résignation

Rien ne semble accompli, et un vent de panique

Sur son front national berce ses cheveux blonds

 

Si elle, dont l'urgence était de ne rien faire

Se trouve désormais sur les charbons ardents

C'est qu'à trop pratiquer l'art subtil de se taire

Son trône est convoité par quelques prétendants

 

Premier de ces félons, surgissant des décombres

L'œil tenant à la fois du rat et du vautour

On voit se découper, posant dans la pénombre

Le rictus maladif du sinistre Zemmour

 

Pire encore, revoici, blanc comme la camarde

Avec son air sournois d'énarque démago

Le triste Philippot, aux ardeurs revanchardes

Cultivant ses choux gras sur les réseaux sociaux

 

Enfin, plus familier, étrange énergumène

Toujours prêt à trahir, voici Dupont-Aignan

Qu'on voit s'égosiller chaque fois dans l'arène

Avant de se ranger derrière le plus méchant

 

Créatures issues des arrières cuisines

Doit-on vous remercier tout autant qu'il se doit

Quand vous ringardisez cette pauvre Marine

Et que vous l'asphyxiez en siphonnant ses voix...

 

 Polo 5 septembre 2022

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12 juillet 2020

Du déboulonnage des statues

 

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S'il faut plus que jamais combattre l'esclavage
C'est qu'il a diablement modifié son visage
Reléguant au musée l'antique code noir
Pour offrir à nos vies de nouveaux désespoirs

Travailleurs sans papiers, migrants venus Afrique
Roumaines tapinant sous le périphérique
Paysan subissant la dette et le poison
Enfants d'Afghanistan dans les champs de coton...

Les négriers ont pris de nouveaux  patronymes :
"Bandes organisées", "Sociétés anonymes"
"Élevage intensif", " grande distribution"
"Industrie du textile", ou "mondialisation"

Ils n'ont point de "statues", mais des "statuts" variables
Qui semblent pour l'instant bien indéboulonnables
Et ces nouveaux Colbert se portent pour le mieux
Ayant visiblement de beaux jours devant eux

Moi, j'attends, impatient, le vrai déboulonnage
De ces représentants du nouvel esclavage
En changeant simplement chacun de son coté
La façon que l'on a de toujours consommer

La mondialisation fait de nous les complices
Des maîtres d'aujourd'hui, et de nouveaux supplices
Pour nous en affranchir, soyez certains que c'est
Notre propre statue qu'il faut déboulonner

Polo, 12 Juillet 2020

 

17 décembre 2018

Les souris du roi Macaron

Jaunesouris

Au pays des souris nommé « Jaunecitron »

Renommé pour ses paysages

Et aux caves remplies de délicieux fromages

Régnait un jeune roi de beaucoup d’ambition

 

Macaron, car c’était son nom

Etait de ces ratons ayant eu accointance

Avec des rats de la finance

Chez qui il avait fait fulgurante ascension

 

Dans ce pays enclin à la contestation

Le sire manquait d’expérience

Et les souris, lassées de ses airs d’arrogance

Réclamèrent sa démission

 

On parla de révolution

De moins d’impôts et de plus d’avantages

De redistribution de morceaux de fromage

Et de nouvelles élections

 

Ainsi fut fait. En place du roi Macaron

Fut élue une chatte aux reflets citronnade

Qui depuis des années restait en embuscade

Tapie dans l’ombre et guettant l’occasion

 

La chatte fit venir quelques bons compagnons

Qui firent sitôt un carnage

Croquant souris, rat et fromage

Et tout l’argent de la nation

 

Les enfers sont pavés de bonnes intentions

D’un tout, chaque partie travaille pour sa cause

Les chats en savent quelque chose

Et se pourlèchent le menton

 

 

Polo, 17-12-2018

12 décembre 2018

Sonnet à Mélenchon

Mélenchon-sonnet

 

Mélenchon, mon ami, lève-toi vite et tôt

Ton jardin cette nuit a souffert de l’orage

Et sa terre inondée n’est plus qu’un marécage

Attrape ta binette et ton petit râteau

 

La grande pergola est réduite en lambeaux

Les somptueux rosiers qui embaumaient naguère

Gisent piteusement sous les éclats de verre

Vois leur robe pourprée mise en menus morceaux

 

Mais cela n’est pas tout. Au milieu du gravier

De jaunes pissenlits se sont mis à pousser

Etrange variété aux queues pleines d’épines

 

Vois tes allées remplies de ces chardons dorés

Et de grasses orties aux reflets bleu-marine

Que dès potron-minet il te faudra trier

 

Polo, 12 12 2018

5 décembre 2018

Sous le gilet...

Gilet-jaune

 

Qu’est-ce qu’un gilet jaune ? Je veux parler ici

De l’animal humain qui le porte sur lui

Pour être un gilet jaune et marquer son époque

Il suffit d’en mettre un. Vive la synecdoque

 

Car l'objet, fabriqué dans la plupart des cas

Par un enfant esclave au fond du Sri Lanka

Porte suffisamment sa dose de souffrance

Pour pouvoir dignement représenter la France

 

Le moindre vrai français en possède un ou deux

(Puisque le vrai français roule sur ses essieux)

Et s’il en est un seul parmi toute la faune

Qui n’en possède pas, il n’est pas gilet jaune

 

Conçu pour le brouillard, cette couleur fluo

Evoque l’accident dès qu’on l’a sur le dos

Elle sent les travaux, les chantiers, la visseuse

Et le marteau piqueur des classes laborieuses

 

Quand l'habit fait le moine avec tant de brio

Quiconque s’en revêt est sûr d’être un prolo

Oui, devant ce gilet, le bourgeois se dédie

Saisi de répulsion… C'est un coup de génie !

 

Mais quittons là l’écrin et voyons le diamant

Car c'est sous le gilet qu’il y a de braves gens

Et si vous les voyez bloquer les nationales

C’est qu’ils ont des raisons de faire du scandale

 

Tout harassés qu’ils sont d’impôts exorbitants

Vaches à lait rossées par les gouvernements

Tandis que les patrons et les grands actionnaires

Depuis la nuit des temps narguent le populaire

 

Lorsque l’effondrement affole le bourgeois

Qui voit la fin du monde avant la fin du mois

Eux pensent avant tout à gagner leur pitance

A l’argent du loyer et au prix de l’essence

 

Ils prennent à crédit, s’endettent pour dix ans

Pour aller à la queue chez Leclerc et Auchan

Sachant qu’en consommant tous ces produits infâmes

Ils ne font qu’engraisser le mal qui les affame

 

Ils laissent au "bobo" le soins de manger bio

Et crèvent de cancers au fond des hôpitaux

Les femmes, bien souvent, ressemblent à des hommes 

Elles ont le dos rond et la fesse difforme

 

Et il est révoltant de penser que pour eux

Le monde est un serpent qui se mange les yeux

Que cette pauvreté depuis toujours perdure

Et qu’on manque d’argent bien moins que de culture

 

Mais laissons s’il vous plait ces considérations

Pour encor regarder sous le jaune veston

Et voir qu’il n’y a pas que français véritables

Mais aussi des larrons fort peu recommandables

 

Parmis tous les moineaux du pavé de paris

Se cachent des corbeaux et des chauves souris

Oiseaux encapuchés qui fourbissent leurs armes

Et me font frissonner jusqu’au fond de mon âme

 

C’est le nervis musclé du comité d’accueil

Le colleur bas du front des bas fonds d’Argenteuil

C’est le gauchiste aigri méchant comme la gale

Ruminant dans son trou noir comme une mygale

 

C’est le fils de bourgeois qui joue les miséreux

Et son frère jumeau l’intello cafardeux

Éternel bons à rien qui vont chercher querelle

Et crachent autour d’eux la haine universelle

 

C’est, et c’est encore pis, certains fort braves gens

Qui, excités ici par l’ardeur du torrent

Suivent les bas instincts des foules contenues

Pour brûler des autos et casser des statues

 

Les mouvements d’humeur, le courroux des suiveurs

Et la foule en furie m’ont toujours fait horreur

Et si je ne crie pas « que Macron démissionne ! »

C’est que je suis républicain, Dieu me pardonne

 

En revanche, je dis à tous mes bons amis

« Quelle curieuse idée d’avoir voté pour lui"

Pour moi, les gens violents sont avec la flicaille

Comme les deux cotés de la même médaille

 

En voyant tous ceux là, je n’ose imaginer

Un monde tout nouveau qui leur ressemblerait

A la voix de la rue, à la furie commune

Je préfère parler dans le secret des urnes

 

C’est pourquoi mes amis, veuillez me pardonner

Mais jamais de ma vie ne mettrai de gilet

Sans haine, sans mépris, sans ironie aucune

Je suis à vos cotés, mais reste dans ma lune

 

Polo, 5 12 2018

 

16 novembre 2018

Le gilet bariolé

 

Gilet bariolé

 

 

Je porte un gilet jaune à la couleur primaire

Soleil éblouissant des fureurs populaires

 

Je porte un gilet vert aux couleurs des forêts

En priant que demain nous laisse respirer

 

Je porte un gilet bleu de la couleur de l’eau

Car celle de la mer est remplie de sanglots

 

Je porte un gilet rouge à la couleur du sang

Versé par la folie des fleuves d’orient

 

Je porte un gilet noir couleur du désespoir

Des vagues de migrants couchés sur les trottoirs

 

Je porte un gilet rose aux couleurs de l’amour

Pour que n’importe qui puisse aimer sans détours

 

Je porte un gilet gris pour toi qui dors dehors

Au grand mépris de ceux qui portent un gilet d’or

 

Je porte dans mon coeur un gilet bariolé

De toutes les couleurs qu’on peut imaginer

 

Polo, 16 11 2018 

16 novembre 2018

FLUCTUAT NEC MERGITUR

Gilets-jaunes

 

 

Racistes de tout poils, qui aimez détester

Ceux qui vous font l’affront de peu vous ressembler

Il vous est aujourd’hui funeste et difficile

D’exposer en public le noir de votre bile

 

Il n'est plus de bon ton dans notre société

De moquer les travers d'une communauté

A l'endroit de chacun le respect est de mise

Et la moindre allusion finit en cour d'assise

 

Pourfendant l'homophobe et traquant le macho

Défendant ongle et bec chaque couleur de peau

Tout apôtre surveille ardemment sa chapelle

Qu'elles soit religieuse, ethnique ou sexuelle

 

Racistes, cependant, soyez bien rassurés

Il reste encore des gens que l'on peut insulter

Des gens sur qui cracher de façon ordinaire

En toute impunité et en pleine lumière

 

Ce sont les parisiens. Pour le tout provincial

Les trainer dans la boue est un sport national

N'oubliez pas surtout d'ajouter en nuance

Le terme de "bobo" qui toujours le devance

 

Entre deux pastagas et un verre de chouchen

On peint le parisien végan et sans gluten

Qui roule à bicyclette et qui, en l'occurence

N'a pas la moindre idée du prix d'un plein d'essence 

 

Pas plus qu'il n'a besoin d'arpenter les rayons

Empoisonnés de la grande distribution

Bloquez les Carrefours autant qu'il vous arrange

Slow food et circuits courts ont toutes ses louanges

 

Sous un gilet fluo vous ne le verrez pas

Le jaune ne sied pas à son teint délicat

Quand le prix du diesel soulève la "vraie" France

L'action pour le climat aura sa préférence

 

Mais malheureusement, à part trois écolos

Les gens se moquent bien des trains et des métros

Des transports en commun et du co-voiturage

Le coût du carburant lui tout seul les enrage

 

C'est pourquoi le bobo parisien que je suis

Observera de loin les affres du cambouis

Et s’il attend  gaiment vos propos irascibles

C’est qu’on n'abdique pas l'honneur d'être une cible 

 

Polo, 16 11 2018

9 novembre 2018

L'essence n'est pas assez chère

Voiture-mort

 

Que maudite soit la voiture

Ce fléau de l'humanité

Maudit cet engin de torture

Et maudit qui l'a inventé

 

Galopez, chevaux du passé

Sous les gris moteurs mortifères

Pour les hommes toujours pressés

L'essence n'est pas assez chère

 

Je n'entends plus dame nature

Par l'échappement asphyxiée

D'insecte n'ai plus la piqure

D'oiseau n'ai plus la mélopée

 

Particules empoisonnées

Sont répandues dans l'atmosphère

Pour vengeance de ces forfaits

L'essence n'est pas assez chère

 

Depuis le règne des voitures

Centres villes sont désertés

Par le commerce et la culture

Quand sur grands parkings bétonnés

 

Sinistres carcasses d'acier

S'alignent comme la misère

Pour rouler vers l'hypermarché

L'essence n'est pas assez chère

 

Sur la mer les hydrocarbures

Font danser de tristes reflets

Pétrole au parfum de luxure

De violence et de sang versé

 

Guerres toujours recommencées

Qui remplissent les cimetières

Pour tous ces moteurs assoiffés

L'essence n'est pas assez chère

 

Puissants princes enturbanés

Pour prix de notre mise en bière

Le baril est trop bon marché

L'essence n'est pas assez chère

 

 

Polo,  9 - 11 - 2018

 

27 octobre 2018

Un repas macronien

Macron-repas

Emmanuel Macron va parfois déjeuner

Dans un petit bistro à coté du palais

Cet établissement, modeste d’apparence

Connait du président toutes les exigences

 

Il se trouve qu’un jour, je l’entendis parler

Avec Maximilien, son serveur attitré

Discret, je l’observais, qui passait sa commande

Et je rapporte ici ces paroles gourmandes

 

Maximilien

 

Monsieur le président voudra t’il commencer 

Par un apéritif ?

 

Emmanuel Macron 

 

                                             Ma foi, fort volontiers. 

Mon ami, donnez-moi s’il vous plait sans attendre

Un grand trait de bourbon afin de me détendre

Et mettez-moi aussi une demie Perrier

Afin de conserver toute lucidité

 

Maximilien 

 

Certainement monsieur. Prendrez-vous par la suite 

Une entrée ?

 

Emmanuel Macron 

 

                  Pourquoi pas ?  

 

Maximilien 

 

                                         Alors je vous invite

A gouter le parfait de foie gras et cresson

A la fois cuit et cru, servi en deux cuissons

 

Emmanuel Macron 

 

Ha ! Je dois l’avouer, je trouve séduisante

Cette entrée à la fois légère et consistante 

Allez, c’est décidé   

 

Maximilien

 

                               Comme monsieur voudra

Et nous allons ainsi pouvoir passer au plat

J’oserais conseiller à Monsieur la dorade

Et son rond de citron sur un lit de salade

 

Emmanuel Macron 

 

Oui… C’est un peu léger peut-être, j’ai grand faim

Mais enfin, c’est parfait si je veux rester fin

N'auriez-vous un plat plus… amphibologique

Qui serait nourrissant, autant que diététique ?

 

Maximilien

 

Prenez le « Surf and turf », alors, Monsieur Macron

C’est un mix d’entrecôte et de blanc de poisson

Servi tout mélangé, avec une julienne

Qui lui donne une touche un peu… végétarienne

 

Emmanuel Macron 

 

De tous mes conseillers vous êtes le meilleur

Et vous mériteriez la légion d'honneur

Allez, Maximilien...

 

Maximilien

 

                                               Monsieur Macron, de grâce

Piquez plutôt du doigt sur la carte des glaces 

Vous n'avez des sorbets que l'embarras du choix... 

 

Emmanuel Macron

 

C'est tentant, il est vrai, mais je crains que le froid

Si je me contentais d'un sorbet à la mangue

Tout en me régalant, ne fige un peu ma langue

N'auriez vous pas ici quelque chose qui soit

Rafraichissant en bouche et qui tout à la fois 

Me réchauffe un peu l'estomac ? 

 

Maximilien

 

                                               Ha, ma parole

Je vais vous apporter quelques proffiterolles

A la fois chaud et froid, à la fois dur et mou

C'est à n'en point douter un dessert fait pour vous !

Pour le vin, que fait-on ? 

 

Emmanuel Macron 

 

                            J’hésite…

 

Maximilien

 

                                                       J’imagine

Qu’entre le rouge et blanc votre désir chemine

Et que vous voudriez que je vous serve un vin

 

Emmanuel Macron 

 

Qui soit bien sur le fruit, mais avec du tanin

 

Maximilien

 

C’est ça : tout à la fois capiteux et volage

Qui ait l’esprit léger et le corps plein de rage

 

Emmanuel Macron 

 

Que diable vas-tu bien me sortir de ton sac ?

 

Maximilien

 

Prenez sans hésiter un clairet de Quinsac

Le feu clair de sa robe orangée vous étonne

Mais il porte en son grain les flux de la Garonne 

 

Emmanuel Macron 

 

Dans mes bras mon ami ! Et sachez que céans

Je vous fait conseiller de mon gouvernement !!!

 

Maximilien (riant)

 

Votre bonté, monsieur, aux folies vous emporte

Dites-moi plutôt où dois-je porter la note ?

 

Emmanuel Macron 

 

Ha, la note, mon Dieu, mais à mon cabinet

Je trouverai toujours à être remboursé

On sait à ce sujet que je suis bon apôtre

Ce qui sort d’un côté revient toujours par l’autre

 

 Polo, 27 octobre 2018

 

 

 

25 octobre 2018

Le petit monde de Benoît Hamon

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Hier matin, sur mon mur, on parlait d'un billet

Qui par Benoit Hamon avait été signé

Au "Monde.fr", il a choisi d'écrire

N'étant pas abonné, je n'ai pas pu le lire... 

 

J'aurais pu, direz-vous, dans l'édition papier

En prendre connaissance au bistro du quartier

Mais autour du comptoir, nous parlions d'autre chose

Et mon esprit distrait était fort loin des roses

 

Sur le net, sur inter, médiapart ou Libé

L'événement était pourtant fort relayé

Et tout ce qu'il disaient montrait combien, en France

Cette lettre à la gauche avait de l'importance

 

Il parait que Benoit utilisait des mots

Des mots, comment vous dire... Incroyablement beaux

Le titre, quoi qu'obscur, ne manquait pas d'audace

« Lettre aux orphelins d'une grande idée » ! Je passe

 

Sur les enchantements du grand style Hamonien

Avec des « recréer un horizon commun »

Luttes « picrocholines », « élites obsolètes »

C’est là, me suis-je dit, tout l'art d'un grand poète !

 

Dessinant pour l’Europe un « grand combat commun »

Benoit l'impétueux pourfendait « les tribuns »

Et lors on distinguait dans sa formule exquise

Une habile allusion à la France insoumise

 

On imagine bien que Jean-Luc Mélenchon

Aurait en le lisant tremblé jusqu'au tréfonds

Si l'on pouvait penser que cette bête immonde

Puisse avoir le bon goût d'être abonné au « Monde »

 

Toujours est-il qu'Hamon, à ne point en douter

A repris le flambeau d'un combat sans pitié

Quand les plus grands médias résument sa parole 

En ces mots : « Me voici, je viens, j'accours, je vole ! »

 

Polo, 25 octobre 2018

 

23 octobre 2018

Monsieur de Castaner

 

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Il vient tout fraîchement de prendre du galon

Il est tout à la fois maîtrise et nonchalance

Comme Vautrin sortant du Bagne de Toulon

Monsieur de Castaner a quelques coups d’avance

 

C’est au fond d’un tripot que son parcours commence

Protégé d’un truand surnommé « le grand blond »

De caïd marseillais à premier flic de France

Il vient tout fraîchement de prendre du galon

 

Et comme en Macronie on doit son ascension

A l’art d’équilibrer les poids sur la balance

Fin renard beau-parleur et dernier des larrons

Il est tout à la fois maîtrise et nonchalance

 

Des dessous de la table il a quelqu’expérience

On peut compter sur lui pour les perquisitions

Il connait du « milieu » toutes les accointances

Comme Vautrin sortant du bagne de Toulon

 

En homme « de terrain » bien plus que de salon

C’est dans le mouvement qu’il trouve son aisance

Et dans le petit clan des nervis de Macron

Monsieur de Castaner a quelques coups d’avance

 

Il a de son patron toute la confiance 

Et sait toujours du feu retirer les marrons

Il finirait un jour ministre des finances

S’il n’était dévoré par les petits cochons

 Monsieur de Castaner…

 

Polo, Mardi 23 octobre 2018

19 octobre 2018

Le sang chaud de Mélenchon

Mélenchon-guignol

Mélenchon, mon ami, j’enrage en te voyant

Aux griffes ennemies prêter ainsi le flanc !

Toi qui te fais l’écho du génie populaire

Que n’as-tu pas appris à dompter ta colère ?

 

N’est-ce pas là donner confiture aux cochons

Qu’exposer ton courroux en une des torchons 

Et lancer des os à ronger aux chiens de garde 

Que de faire à ton nez monter tant de moutarde ?

 

Du rouge de Libé au bleu du Parisien

On te voit grimaçer comme un vieux babouin

Et tout à leur plaisir de nous servir la soupe

C’est l’heure de la curée pour Joffrin et sa troupe

 

D’Europe à RTL, d’Inter à France Info

Le sniper te canarde à longueur d’édito

Chacun y va de ses éléments de langage

« Fou furieux », « dictateur », « inquiétant personnage »

 

Qu’ils te voient cocardier, franchouillard, jacobin

Ou bien tout au contraire anti-républicain

Les baveux sont de mèche à te peindre hystérique

Le doigt sur le bouton de la bombe atomique 

 

Assez ! Tout cela fait un vacarme effrayant

Et dresser les cheveux sur la tête des gens

Cependant qu’au secret des obscurs ministères

Ronronne le moulin qui fait notre misère   

 

De son bourdonnement très doux, très régulier

Il fait monter les eaux et fondre les glaciers

Il fait empoisonner les boyaux de la terre

Et flotter sur le dos les poissons des rivières

 

Macron fait des affaires et signe des contrats

Dont le monde demain ne se remettra pas

Sous les grands cris d’orfraie, sous les effets d’annonce

Et le concours zélé d’une armée de médias

 

Il étouffe la voix du seul qui les dénonce

Il émousse le fer du seul qui les combat 

 

Polo, 19 octobre 2018

9 mai 2017

L'hymne à la joie

orchestre

On la connait déjà, la petite musique

De cette symphonie que font les élections

Des basses de l’orchestre au tout premier violon

Voici la partition de notre république

 

Au premier mouvement monte la clarinette

Et les fifres ténus d’avant le premier tour

La mélodie déploie ses plus charmants atours

Que les cors lancinants reprennent à tue-tête

 

D’un résultat certain on brode sur le thème

Les sondages repris par le coeur des médias

Sont comme un air ancien que l’on connait déjà

« Le vote utile » ou « l’air de la tarte à la crème »

 

Puis vient le crescendo des cuivres en furie

Le chant des partisans repris sur tous les tons

Les solistes vibrants font sonner les cannons

Aux armes citoyens et mort à l’incurie

 

Chacun se croit tenu de brailler sa partie

Le moindre tambourin se prend pour percussion

Les triangles aigus passent pour des bassons

La France se répend dans sa cacophonie

 

Enfin le dénouement après un court entracte

Le point d’orgue enchanté nous fait couler des pleurs

On dore la statue du nouveau commandeur

Et le diable à ressort retourne dans sa boite

 

Tiens, le chef est nouveau ? A l’ancien il ressemble

Comme deux gouttes d’eau, et les violons du bal

Ont changé leurs habits, mais jouent tout aussi mal

Les notes engourdies de leurs vieux doigts qui tremblent

 

L’orchestre fatigué que le rideau découvre

Entonne les derniers accords et nous voici

Si si do ré ré do si la sol sol la si 

Acclamant le pantin sur la place du Louvre

 

Bien loin de l'opéra, le peuple famélique

Devra se contenter de ses vieilles chansons

Qu’on entendra demain de Bastille à Nation

« Mort au grand capital », « grève », « révolution » 

 

On la connait déjà, la petite musique... 

 

 

PPL, 09 - 05 - 2017

4 mai 2017

Macron - Le Pen, Les relents du débat

 

 

Poisson

A un prêtre de mes amis

A qui l’on demandait de façon péremptoire :

« Si jamais Nabila était dans votre lit

Mon père, iriez-vous coucher dans la baignoire ? »

 

Le prêtre répondit d’un air fort malicieux

«  A être homme de foi on en est pas moins homme

Le cas serait fort litigieux

Car je serais tenté d’aller croquer la pomme

 

C’est pourquoi, cher ami,  sachez que mon action

Consiste à tout mettre en pratique

Afin de m’éviter cette situation

Qui serait pour moi fort critique… »

 

Emmanuel Macron aurait à méditer

Cette parole de sagesse

Que Chirac avait eu le bon goût d’écouter

Préservant les Français d’un monceau de bassesse

 

Prince, que mes propos te servent de leçon : 

 

Qui va tremper ses mains dans une pissotière

Se retrouve couvert d’étrons

Et qui croise le fer avec la poissonnière

Le lendemain sent le poisson

 

 

PPL 04 - 05 - 2017 

2 mai 2017

La ballade du roi des cons

Roidécons

 

Mes amis de grande vertu

J’ai entendu vos chants d’église

Que vos mots de fil blanc cousu

Restent au fond de vos valises

Je n’ai pas besoin qu’on me lise

La liste de vos injonctions

Je forme une libre entreprise

Et choisirai le roi des cons

 

L’abstinence m’aurait bien plu

Et j’aurais trouvé à ma guise

D’aller glisser un trou du cul

Au creux d’une enveloppe grise

Mais la crainte d’une surprise

Au lendemain de l’élection

Me garde de ces jobardises

Je choisirai le roi des cons

 

Bien loin de mes espoirs déçus

Déjà les fourmis s’organisent

A rattraper le temps perdu

Avant le retour de la bise

Que sonne par leur entremise

La fin de la récréation

Quant à moi, cigale insoumise

Je choisirai le roi des cons

 

Allons, qu’il nous mange tout cru

L’angelot à blanche chemise

Au bleu regard au loin perdu

Sur les glaces de la banquise

Tant pis pour le temps des cerises

C’était une jolie chanson

Mais dimanche, qu’on se le dise

Je choisirai le roi des cons

 

Prince qui sur tous a traitrise

Voici le jour des élections

Au royaume de la bêtise

Nous choisirons…

 

 

PPL, 02 - 05 - 2017

28 avril 2017

Le méchant Mélenchon

Carrosse 1

 

Nous n'avons pas voulu du méchant Mélenchon

Nous l'avons insulté, traité de tous les noms

Nous l'avons comparé à Pol Pot, à Staline

Accolé sa photo à celle de Marine

Et chaque beau parleur lui donnait sa leçon

Chaque merle moqueur lui chantait sa chanson

En le faisant bouillir dans de vieilles marmites

Hommes de peu de foi, pharisiens hypocrites

Nous l'avons accusé d'être un antisémite

Et cela faisait les choux gras de nos torchons

Et le peu qui ont cru au méchant Mélenchon

Nous les avons traités de la même façon

Nous, troupeau de moutons apeurés par nos ombres

Meute de chiens méchants rassurés par le nombre

Nous avons trucidé le Méchant Mélenchon

Nous lui avons fermé nos antres de misère

Comme des rats crevés au fond de nos tanières

Nous qui avons séché le lit de nos rivières

Et corrompu les fruits et le blé et le pain

Fabriqué des perturbateurs endocriniens

Pour empoisonner l'eau que boivent nos enfants

Que nous avons gavés de sucre et de néant

Avant de les châtrer devant des écrans vides

Devenons impuissants, stériles et livides

Chauves agonisants a trente ans centenaires

S'ennuyant du berceau jusques au cimetière

Morituri te salutant, O Dieu cinglé

Combien de temps encor va t'il falloir passer

À compter les euros dans le sang et la cendre

A longueur de journée avant de se faire pendre

Entre deux maladies après les élections

C'est l'heure, il faut vomir : Aujourd'hui nous avons

Cancer et choléra gratuits pour tout le monde

Un précieux ridicule et une bête immonde

Sur un terrain conquis, qui se livrent bataille

En formant les deux pans d'une même médaille

Bon appétit dans l'isoloir, nous pauvres cons

Qui avons crucifié le méchant Mélenchon...

Prions pour sa résurrection !

 

 

 

PPL, 28 avril 2017

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